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Joyeux Noël !

Publié le par Autour de Nicole et Pierre

Joyeux Noël !
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Notre conte de l'Avent 2015

Publié le par Autour de Nicole et Pierre

Voici revenu le temps de notre conte de l'Avent.
Jour après jour, chapitre après chapitre, nous vous faisons vivre cette année les aventures des Tel-Tel, ainsi que nous les a racontées notre vieille amie, la femme sans âge du pays de n'importe où.

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Dimanche 29 novembre 2015

L’autre soir, alors que nous décorions notre maison pour les fêtes et que nous cherchions où placer un très beau terrarium où s’épanouissaient de magnifiques plantes, nous entendîmes soudain un petit bruissement bien connu : c’était la femme sans âge du pays de n’importe où, qui –vous vous en souvenez - rend visite, les nuits sans lune, à n’importe qui pour raconter ses histoires de n’importe quoi.

- « Que faites-vous donc mes bons amis avec ce grand bocal ? »

- « Nous admirons toutes ces petites plantes exotiques qui poussent si joliment à l’abri des rigueurs de l’hiver, comme un paradis miniature ! »

- «  Ha-ha ! Cela me rappelle, chers amis, une histoire du pays de n’importe où !  Avez-vous le temps que je vous la raconte ? »

-« Mais oui, mais oui : installons nous confortablement avec une tasse de thé autour de notre petit paradis et racontez-nous donc ce qu’il évoque pour vous ! »

Et notre femme sans âge, caressant du regard la boule de verre, commença son récit :  « Il était une fois, au pays de n’importe où,  une communauté très particulière,  les Tel-Tel … »

Lundi 30 novembre 2015

Les Tel-Tel vivaient dans une contrée merveilleuse protégée du monde hostile par une bulle de verre.  Le temps y est était toujours clément sans vent, ni tempête, ni pluie, ni neige. La végétation luxuriante était d’une beauté sans pareille  avec des fleurs aux parfums extraordinaires, des fruits pleins de jus délicieux et des légumes succulents ; elle fournissait aux Tel-Tel tout ce qui leur était nécessaire. Les oiseaux offraient des concerts dignes des plus belles chorales, les moutons offraient les coussins de leurs belles toisons, les chats et les chiens partageaient leurs jeux avec les Tel-Tel. Des cascades et des ruisseaux ajoutaient leurs harmonies à celles des oiseaux et des bassins tièdes et calmes accueillaient les ébats joyeux des Tel-Tel.

Une entente bienheureuse régnait chez les Tel-Tel : jamais un conflit, jamais une guerre, jamais de pleurs, jamais de colère. Bien au contraire, les Tel-Tel étaient toujours heureux et joyeux. Leur vie était simple et tranquille comme dit le poète. Ils se comprenaient si bien qu’ils n’avaient pas besoin de réclamer  quoi que se soit. Inutile même de parler : chacun devinait ce dont l’autre avait besoin…

A vrai dire, les Tel-Tel avaient une particularité étonnante.

Mardi  1er  décembre 2015

Les Tel-Tel se ressemblaient tous. Au point qu’il était impossible de distinguer l’un de l’autre ! Même taille, même poids, mêmes pieds, mêmes jambes, même corps, mêmes bras, même tête , mêmes cheveux, même visage. Ils le savaient et  s’en amusaient : regarder un autre Tel-Tel était comme se regarder soi-même. Ils avaient tous le même âge, la même force, la même beauté, la même intelligence.  Ils le savaient et s’en réjouissaient : la vie était si douce et si tranquille entre eux.

De temps à autre, ils distinguaient au loin, la face collée contre l’extérieur de leur bulle de verre, des êtres affreusement dissemblables  qui semblaient vouloir entrer dans leur petit paradis : des enfants tout barbouillés de chocolat, des vieillards accrochés à leur canne, des charbonniers tout noirauds de poussière, des boulangers tout blafards de farine, des nerveux qui tambourinaient sur la vitre, des tout mous qui s’y affalaient en laissant des grosses traces de doigts gras, et tant d’autres plus effrayants les uns que les autres…

Mais la bulle de verre des Tel-Tel était très solide. Plus personne ne se souvenait de la date à laquelle elle avait été donnée aux Tel-Tel par une bonne fée mais tous les Tel-Tel savaient qu’elle était là pour l’éternité et s’en réjouissaient car, sans elle, Dieu sait ce qu’il pouvait leur arriver !

Les Tel-Tel redoutaient en effet un puissant ennemi qui rôdait autour de leur bulle.

Mercredi  2  décembre 2015

Cet ennemi était le puissant roi Lôtre. Son vaste royaume cernait nos Tel-Tel et il se disait chez les Tel-Tel que leur petit peuple n’était sauf que grâce à sa bulle de verre et que bien de leurs ancêtres étaient morts, écrasés par le féroce Lôtre. On racontait que le pays de Lôtre était empli de désordres, d’êtres hostiles et affreux, prêts à tout moment à dévorer les Tel-Tel.

Parfois les parois de verre vibraient des pas démesurés de Lôtre et les Tel-Tel se blottissaient, frileusement, entre deux fleurs géantes. On disait que les sujets du roi Lôtre connaissaient d’horribles choses comme le froid, la faim, la maladie, les pleurs, les bagarres et la guerre. Il n’y avait qu’à voir les terribles figures qui s’écrasaient parfois sur les vitres de la bulle : toutes blafardes, plates, avec des yeux exorbités et des bouts de nez comme des groins.

A la seule évocation de Lôtre, tous les Tel-Tel frissonnaient d’un seul mouvement et se regardaient tendrement sans mot dire pour se réconforter.

La règle d’or chez les Tel-Tel était d’éviter le plus possible de s’approcher du bord de la bulle et surtout de ne pas regarder les faces des envoyés de Lôtre pour éviter toute provocation et toute confrontation dangereuse. Des grandes lianes vertes et luisantes avaient été plantées tout autour du petit monde des Tel-Tel pour faire écran à ces visions d’horreur et pour résister au terrible Lôtre.

Or, un jour de grande et belle fête chez le Tel-Tel, advint un terrible évènement.

Jeudi  3  décembre 2015

C’était la fête du bonheur parfait. Elle avait lieu périodiquement, quand l’envie s’en faisait sentir, sans vrai motif, simplement pour se réjouir d’être heureux et joyeux ensemble, simplement et tranquillement, à leur façon. Les Tel-Tel se mettaient alors en ribambelle et faisaient une grande ronde autour de leur oasis, s’adressant mutuellement des regards rieurs, pleins de bonté et de connivence. Les oiseaux sifflaient, chantaient et roucoulaient à tue-tête pour animer la fête. Au milieu de leur ronde  était préparé un merveilleux buffet, constitué des fruits les plus délicieux et des nectars le plus enchanteurs, où les Tel-Tel puisaient de temps à autre des forces avant de reprendre de plus belle leur ronde effrénée.

Or ce jour-là, un Tel-Tel, étourdi par la danse, trébucha malencontreusement sur la racine d’un manguier. Cherchant à reprendre son équilibre, il s’accrocha à une superbe liane des vanilliers qui faisaient office de rideau pour cacher les parois de la bulle de verre. Ses doigts glissèrent sur les gousses gorgées de parfum, ses mains filèrent dans l’entrelacs des lianes, les bras suivirent, puis la tête, puis le buste, puis les jambes, le tout dans un délire d’effluves épicées qui enivra notre infortuné Tel-Tel, au point de perdre conscience.

Lorsqu’il se réveilla, quel ne fut pas son étonnement !

Vendredi 4 décembre 2015

Il n’était plus dans la bulle ! En s’écroulant dans les lianes, il s’était affalé trop lourdement contre la paroi de verre qui avait cédé, le laissant choir dehors. Or ces parois de verre avaient la propriété magique de se reconstituer immédiatement pour protéger  solidement le petit monde des Tel-Tel… Notre Tel-Tel égaré avait beau tambouriner contre la paroi elle ne s’ouvrait pas ! Et les Tel-Tel, entraînés dans leur ronde folle encouragée par le concert des oiseaux ne devaient rien entendre non plus !

Il eut alors l’idée de faire des signes à ses compagnons pour qu’ils le sauvent et s’approcha de la vitre mais il ne voyait rien. Et il se rapprocha plus, et plus et plus encore, au point d’écraser son visage contre le verre. Sa face s’aplatit, son nez s’écrasa, ses lèvres s’épatèrent, et même ses yeux écarquillés se mirent à pleurer sur la vitre : rien n’y fit, il ne voyait plus ses compagnons ni son paradis perdu.

Seul son visage épouvantablement déformé se reflétait sur la glace ! Saisi d’effroi, notre Tel-Tel  comprit soudain qu’il ressemblait aux terribles figures qui s’écrasaient parfois sur les vitres de la bulle : blafardes, plates, avec des yeux exorbités et des bouts de nez comme des groins !

Il était devenu une créature du terrible Lôtre !

Samedi 5 décembre 2015

Notre Tel-Tel, interloqué, ne comprenait plus rien. Finie sa beauté si délicate, fini le douillet cocon de la bulle, finie la douceur du temps, fini le chant des oiseaux, finie la douce laine des moutons, fini le banquet de fruits et de nectars délicieux, finie la grande farandole, finis les autres Tel-Tel ! Mais que lui restait-il ?

Il essaya encore de tambouriner contre la paroi de la bulle mais rien n’y fit : elle ne céda point. Bien sûr, puisqu’elle avait été créée pour protéger les Tel-Tel des attaques de Lôtre et de ses sbires ! Notre Tel-Tel comprit alors qu’il était perdu à tout jamais au pays de Lôtre, transformé lui-même en horrible monstre. Un grand frisson le parcourut, comme il n’en avait jamais ressenti : notre Tel-Tel découvrait la peur !

Alors qu’il cherchait où trouver refuge, une petite voix le fit sursauter : « Es-tu perdu, étranger ? Je ne t’avais jamais vu ici ? » .  C’était la voix d’un enfant, un de ces  êtres affreusement dissemblables  qui collaient leur visage sur la bulle.  Un enfant tout barbouillé de chocolat.

Notre Tel-Tel se mit à trembler de plus belle : à coup sûr, cette créature de Lôtre allait se ruer sur lui et le mettre à mal. Et ce maudit frisson qu’il n’avait jamais connu le parcourut de nouveau de la tête aux pieds. Pire : ses dents se mirent à claquer avec un son parfaitement désagréable. Sa fin était arrivée …

Dimanche 6 décembre 2015

Mais l’enfant barbouillé s’approcha doucement de notre Tel-Tel frissonnant et lui dit : « Pourquoi trembles-tu si fort ? Aurais-tu peur ? » Notre Tel-Tel ne répondit pas, paralysé de frayeur. L’enfant reprit : « Mais je ne te veux aucun mal ! J’aimerais être ton ami. Prends-donc ces morceaux de chocolat : ils te réconforteront ! » Notre Tel-Tel, tout étonné le regarda : tout compte fait,  cet enfant n’était pas si laid, mises à part les traces cacaotées de sa gourmandise. Il tendit alors la main, saisit le chocolat et, timidement, le goûta. Un nouveau frisson le parcourut de part en part mais, cette fois, de plaisir. La peur avait disparu ! Notre Tel-Tel se tourna vers l’enfant et lui dit : « Oh,  comme c’est délicieux ! Seul un ami peut apporter un tel réconfort. J’accepte volontiers d’être ton ami. » L’enfant tout joyeux bondit vers lui et lui assena… un gros bisou plein de chocolat sur la joue ! Notre Tel-Tel se mit à rire comme avant, sous la bulle. Mais c’était l’heure de l’école et l’enfant dut le quitter en sautillant gaiment.

A nouveau seul, notre Tel-Tel se sentit très décontenancé et il sentit une chose bizarre glisser sur ses joues. Il n’avait jamais senti cela sous la bulle : c’était chaud, mouillé, et salé. Des larmes !

« C’est affreux, pensa-t-il, je vais être encore plus monstrueux que tout à l’heure ! » Et plus, il se désespérait, plus les larmes coulaient. Et non seulement les larmes coulaient mais des sanglots s’ajoutaient, retentissant dans le silence.

Bien sûr tout ce vacarme ne passa pas inaperçu. Soudain, devant notre Tel-Tel, surgirent deux silhouettes difformes et menaçantes.

Lundi 7 décembre 2015

Les sombres silhouettes avançaient vers notre Tel-Tel, de plus en plus grandes, de plus en plus inquiétantes avec un curieux bruit sec et répétitif. tac, tac, tac,Tac, TAc, TAC : le tapement s’intensifiait au point que le cœur de notre Tel-Tel palpitait en tous sens. Entre deux hoquets de larmes, notre Tel-Tel leva la tête et découvrit deux cannes noires auxquelles étaient accrochées quatre mains noueuses, sous deux grandes capes sombres. Il pleura de plus belle : le monde de Lôtre était vraiment trop affreux et trop triste !

C’est alors que lui parvinrent deux petites voix frêles mais aussi douces que la laine des moutons de sa bulle perdue : « Pourquoi pleures-tu, bel inconnu ? Es-tu donc si seul en ce monde pour laisser couler autant de larmes ? » Notre Tel-Tel releva la tête et vit deux beaux visages de vieillards, pleins de tant de tendresse qu’il en sécha ses larmes et eut envie de leur sourire. C’étaient deux des vieillards accrochés à leur canne qu’il avait entraperçus à travers la vitre de la bulle. Mais ses reflets avaient bien caché leur douceur infinie. Et ils lui racontèrent de belles histoires  où personne ne restait seul longtemps. Il reprit confiance et cette fois, ce fut lui qui embrassa leurs bonnes joues moelleuses comme des coussins. Et il les regarda s’éloigner tranquillement, clopin-clopant. Il se sentait ragaillardi et léger comme l’air de sa bulle.

Un nouveau frisson bizarre le saisit. « Allons bon, se dit-il, je n’ai plus peur, je ne suis plus triste et je ne viens pas de déguster une délicieuse friandise… ! Quelle est cette nouvelle sensation inconnue ? »

Mardi 8  décembre 2015

Horrifié, notre Tel-Tel découvrit soudain que ses bras se hérissaient de petites pointes et il se mit à trembler. « Décidément, ce pays de Lôtre est plein de mauvaises surprises et de sensations désagréables ! Que m’arrive-t-il encore ? » Et il se mit à trembler de plus belle et même à claquer des dents ! Notre Tel-Tel n’avait pourtant pas peur. Il avait tout simplement froid et pour cause : sous la bulle des Tel-Tel à la température douce et constante, il n’était pas besoin d’avoir des vêtements bien chauds …

Alors qu’il se recroquevillait instinctivement sur lui-même pour avoir moins froid, survint un charbonnier tout noiraud de poussière. Maintenant habitué aux surprises de sa nouvelle situation, notre Tel-Tel ne s’étonna point et se souvint d’avoir aperçu aussi son visage déformé par la vitre de la bulle. Lui aussi était beaucoup moins laid qu’il n’y paraissait mais il était toujours tout noir et poussiéreux…  « Eh bien l’ami ! Tu n’es pas bien vêtu pour la saison ! Nous sommes en hiver et il faut se couvrir mieux ! Prends donc tout de suite mon vêtement à capuche : il y a bien un peu de poussière de charbon mais en le secouant, elle s’en ira et tu auras plus chaud ! »

Ce qui fut fait et notre Tel-Tel frissonna à nouveau d’aise en se sentant protégé du froid. Le charbonnier qui était décidément un bon garçon, le prit par la main et l’emmena jusque chez lui ou un magnifique poêle ronflait tout chargé de charbon, bien sûr ! « Reste donc là à te réchauffer sur les coussins et reste autant qu’il faut si tu veux dormir un peu ! » lui proposa le charbonnier avant de repartir faire sa tournée. Et aussitôt notre Tel-Tel, réconforté plongea dans un bon sommeil.

Mais de sourds grondements finirent par le réveiller…

Mercredi  9  décembre 2015

Jamais notre Tel-Tel n’avait entendu de pareils grondements ! Ou plutôt des gargouillements ! Oui, le bruit était un peu liquide, comme un petit ruisseau. Mais il n’y avait pas d’eau chez le charbonnier ? D’où venait donc cet étrange bruit ? Notre Tel-Tel, à nouveau tout chamboulé, se leva et la tête lui tourna. Inquiet, il sorti prendre l’air mais arrivé sur le chemin : paf ! Tout le paysage se mit à tourner et il n’eut que le temps de s’asseoir sur un banc.

Il ne resta pas seul bien longtemps. Un boulanger tout blafard de farine passait justement par là et, voyant notre Tel-Tel tout pâle – encore plus pâle que son visage plein de farine- il s’arrêta et lui dit : « Allons, allons, mon gars ! Que t’arrive-t-il ? Tu ne sembles pas bien dans ton assiette ! » Notre Tel-Tel, tout blême le regarda comme dans un halo et bredouilla : « Je ne comprends pas ce qui m’arrive, j’entends tout le temps un grondement, ou plutôt un gargouillement effrayant et tout tourne autour de moi ! »

« Ha-ha ! Je crois savoir, moi ce qui t’arrive ! Quand as-tu mangé pour la dernière fois ? Cela doit faire bien longtemps à voir ta tête et tu dois avoir bien faim ! » Notre Tel-Tel était tout éberlué. « La faim, la faim ? Mais je ne sais pas ce que c’est : sous la bulle des Tel-Tel, nous mangions des fruits et des légumes à volonté sans même y penser ! Il est vrai que je n’ai plus rien avalé depuis que je suis sorti de la bulle ! »

« Eh bien, viens avec moi dans ma belle boulangerie : tu pourras dévorer tous les pains et les gâteaux que tu voudras » Et, le prenant par le bras, il l’emmena dans sa boutique. Une fois rassasié, notre Tel-Tel reprit tous ses esprits et regarda mieux le boulanger : il était très beau et ses cheveux, poudrés de farine lui donnait une allure de marquis… « Bigre, bigre, se dit notre Tel-Tel, les gens du monde de Lôtre sont vraiment différents de ce que nous voyions de notre bulle ! Et, repu, il eut un petit soupir d’aise.

Mais notre Tel-Tel n’était pas au bout de ses surprises.

Jeudi  10  décembre 2015

Notre Tel-Tel était bien content d’avoir pu rassasier sa faim quand lui vint tout à coup une nouvelle sensation bizarre : peu à peu sa langue semblait se dessécher et coller à son palais. « Décidément je ne suis pas fait pour vivre au royaume de Lôtre ! Comme je comprends les ancêtres qui cherchaient à s’en protéger ! Je crois que je vais mourir étouffééééé… » Et il tomba.

Le boulanger inquiet lui tapota les joues et comprit : « Mais bien sûr ! Il n’avait pas mangé depuis longtemps mais il n’avait pas bu non plus et après avoir avalé une telle quantité de gâteaux, il meurt de soif ! » Il lui apporta vite de l’eau qui calma notre Tel-Tel. « Tu avais soif, mon gars ! » « Soif ? se dit notre Tel-Tel, je ne connaissais pas cela non plus sous ma bulle… ah comme j’aimerais y retourner et oublier toutes ces sensations affreuses que Lôtre répand sur ses terres… »

Et notre Tel-Tel sortit de la boulangerie, bien décidé à revenir vers sa bulle pour essayer de trouver la solution miracle qui lui permettrait de repasser la barrière de verre dans l’autre sens.

Mais d’où il était, il ne pouvait plus voir sa bulle. Il se mit en route, reprenant en sens inverse le chemin d’où il était venu. Et il marcha, il marcha, il marcha mais il ne voyait toujours pas sa bulle.

« Courage, se dit-il, retrouver mon paradis perdu vaut bien un effort ! » Et il marcha, il marcha, il marcha mais il ne voyait toujours pas sa bulle.

Et il marcha, il marcha, il marcha encore mais il ne voyait toujours pas sa bulle.  Et peu à peu, il sentit une grande lassitude l’envahir, tous ses membres devenaient mous, mous, mous…

Vendredi  11  décembre 2015

Notre Tel-Tel soupirait, soupirait. « Pfff tous ces chemins sont semblables et ternes ! Bien loin des fleurs brillantes de ma bulle ! Ce qu’ils appellent hiver ici fait taire tous les oiseaux et on n’entend même pas le chant cristallin d’un ruisseau ! » Et notre Tel-Tel se sentit encore plus fatigué et mou : il s’ennuyait. Il bailla largement : « Jamais je ne me sentais aussi mou dans la bulle et jamais je n’avais ouvert la bouche aussi largement ! Je ne vois vraiment pas ce que je peut faire dans cet horrible pays ! Mais où est donc la bulle ? »

C’est alors qu’il entendit un bruit de pas rythmé comme des claquettes. Ce son lui rappela un tambourinement déjà entendu dans  sa bulle : l’un des nerveux passait par là. Sautillant devant lui, il demanda : « Pa-pa-pah, le beau gosse ! Que se passe-t-il pour que tu fasses aussi pâle mine ? » « Justement rien, répondit notre Tel-Tel. Je cherche ma belle bulle où je passais mes journées à jouer avec les miens, les oiseaux, les papillons, les chiens et les chats. Ici  il n’y a rien pour jouer et je m’ennuie. » «  Ta-ta-tah ! ne sais-tu donc pas que l’on peut trouver de quoi s’amuser partout, même seul ? Moi, je ne m’ennuie jamais ! Regarde : je danse en tapant les pieds, je chante et un rien m’amuse, comme cette petite perle de pluie au bout de la brindille : regarde bien, elle est magique : elle est petite mais tout un arc-en-ciel brille en son cœur, elle est fragile mais elle s’accroche souplement à la branche, elle est toute ronde mais ondule au gré du vent ! Oui la gouttelette est magique : si tu t’ennuies, plonge ton regard dans son orient et tu trouveras ce que tu cherches ! » Et le nerveux partit joyeusement en tambourinant sur les troncs d’arbres une sorte de mélodie que notre Tel-Tel n’avait jamais entendue.

Retrouvant avec la curiosité un nouvel élan, notre Tel-Tel se pencha sur la gouttelette en murmurant : « Petite goutte d’eau montre –moi la bulle des Tel-Tel, mon bel univers ! » Et dans l’orient de la gouttelette il vit …

Samedi  12  décembre 2015

Sa bulle ! Oui : sa bulle ! Sa bulle vue de l’intérieur avec toute sa végétation luxuriante à la beauté sans pareille,  avec ses fleurs aux parfums extraordinaires, ses fruits pleins de jus délicieux, ses légumes succulents, avec ses oiseaux et leurs concerts, ses moutons et leurs belles toisons, les chats et les chiens joueurs, avec ses cascades, ses ruisseaux et ses bassins tièdes et calmes ! Notre Tel-Tel retrouvait au fond de la gouttelette tout son bonheur passé et revivait intensément la douceur de l’air, le parfum des fleurs, le chant des oiseaux, ses jeux et ses danses avec les autres Tel-Tel… Une grande onde de plaisir parcourut notre Tel-Tel.

Mais la gouttelette finit par glisser tout au bout de la brindille et chuta sur le sol, brisant en mille éclats la rêverie de notre Tel-Tel. Il regarda autour de lui et ne vit personne : seul, il était seul !

Tout déçu, il se frotta les yeux, releva la tête et vit une autre superbe gouttelette, nacrée et pleine de reflets… Il fixa la perle d’eau, murmurant : « Petite goutte d’eau montre –moi la bulle des Tel-Tel, mon bel univers ! » Et dans l’orient de la gouttelette il vit à nouveau l’intérieur de sa bulle et son décor féérique, les autres Tel-Tel, et à nouveau il fut parcourut d’une onde de plaisir. Mais la deuxième gouttelette tomba à son tour. Alors notre Tel-Tel, recommença avec d’autres gouttelettes, trois fois, quatre fois, cinq fois… cent fois et trois fois, quatre fois, cinq fois… cent fois il fut parcouru par son onde de plaisir mais il se retrouva trois fois, quatre fois, cinq fois… cent fois plus seul encore.

Il ne restait plus qu’une gouttelette sur l’arbuste qui avait fini de s’égoutter. Que faire ? Notre Tel-Tel fixa la dernière gouttelette et murmura, désespéré : 

Dimanche  13  décembre 2015

 « Petite goutte d’eau montre –moi un ami ! » La gouttelette se gonfla, se balança doucement, faisant danser ses moirures irisées et, sous le regard ébahi de notre Tel-Tel, apparut peu à peu un visage. Un seul, un beau un merveilleux visage. Un visage aussi beau que celui d’un Tel-Tel mais ce n’était pas un Tel-Tel. C’était un visage comme notre Tel-Tel n’en avait jamais vu. Il avait de grands yeux bleus et des longs cils dorés, un petit nez mutin et une bouche délicate comme une rose et tout autour flottait, comme une poudre d’or, des boucles légères et dorées. Notre Tel-Tel fasciné ne respirait plus de peur de faire tomber la gouttelette et cette douce apparition. Une onde de plaisir encore plus grande le parcourut et il souhaita que la gouttelette se fige à tout jamais sur sa brindille.

Mais voici qu’un mouvement d’air doucement parfumé fit onduler légèrement la gouttelette et notre Tel-Tel redouta le pire : l’horrible solitude qui s’abattrait sur lui avec la disparition de la perle d’eau et du beau visage, son ami maintenant. Mais, non, la gouttelette ne chuta point. Au contraire, le beau visage se mit à bouger et à rire ! Une nouvelle onde de plaisir le parcourut : son bonheur était tel qu’il aurait pu mourir dans l’instant sans le regretter !

Alors, le rire, léger et cristallin reprit, de plus en plus ample, si ample qu’il semblait l’envelopper tout entier…

Lundi  14  décembre 2015

Totalement ravi, notre Tel-Tel se demandait même s’il n’avait jamais entendu un aussi beau rire dans sa bulle.  Qui pouvait rire ainsi ? Tout étourdi de bonheur, il s’approcha de la gouttelette une peu, un peu plus, un peu plus encore et… bling ! Elle s’échappa de la brindille et tomba en mille éclats sur le sol ! Mais…

Mais, le rire retentit encore toujours aussi clair et plus joyeux encore ! Le rire ne venait donc pas de la gouttelette ! Notre Tel-Tel se retourna et découvrit, ébahi, le beau, le merveilleux visage avec ses grands yeux bleus et ses longs cils dorés, son petit nez mutin et sa bouche délicate comme une rose et tout autour, comme une poudre d’or, ses boucles légères et dorées ! C’était le visage d’une jeune-fille bien en vie dont le manteau dansait gaiment lorsqu’elle riait. En voyant l’étonnement de notre Tel-Tel, elle rit de nouveau : « Suis-je si effrayante que cela ? Moi, je m’appelle Lotte et toi ? » « Moi, moi ? Je, je suis Tel-Tel ! bégaya notre Tel-tel qui se rendit compte que pour la première fois on lui demandait son nom…

« Où habites-tu ? As-tu une grande famille ? » « C’est que… je n’habite plus nulle part et je n’ai plus de famille depuis qu’un mauvais sort m’a fait sortir de la bulle des Tel-Tel ! » « Tu habitais une bulle ? Quelle drôle d’idée ! »

« Oh non, oh non, j’y étais très heureux au contraire : il faisait toujours beau, il y avait des fleurs, des fruits et de doux animaux, des bassins d’eau tiède pour se baigner et les Tel-Tel s’entendaient si bien qu’il n’était point besoin de se parler pour s’amuser et danser ensemble. Nous n’avions qu’un ennemi dont la bulle nous protégeait : le terrible Lôtre ! »

En entendant ce nom, notre Tel-Tel vit comme un petit nuage passer dans l’onde bleue des yeux de Lotte mais aussitôt elle secoua ses boucles dorées et se remit à rire.

Mardi  15  décembre 2015

Tout en riant, Lotte reprit : « mais au pays de Lôtre aussi nous sommes heureux et nous avons des fleurs, des fruits et de doux animaux, des bassins d’eau tiède pour se baigner et nous savons aussi nous amuser et danser. Seulement, tu es arrivé en hiver et la nature fait chez nous une pause ; mais bientôt tu auras une surprise. » « Quelle surprise ? » « Petit malin, si je te le dis, ce ne sera plus une surprise ! » Et Lotte en secouant ses boucles blondes se remit à rire de plus belle.

Notre Tel-Tel ne pu s’empêcher de rire aussi : « Comme j’aime te parler et rire avec toi ! Mais, quand même, j’ai très peur que le terrible Lôtre me découvre et me réserve un sort aussi cruel qu’à mes ancêtres ! » Le rire de Lotte s’interrompit : « Qu’est-il donc arrivé à tes ancêtres ? » « Je ne sais exactement mais on savait dans notre bulle qu’ils avaient tous été détruits par le terrible Lôtre et que, sans le miracle de la bulle, plus un Tel-Tel n’existerait ! »

« Eh bien, je vais te montrer, mon cher Tel-Tel, que l’on peut vivre au pays de Lôtre avec bonheur ! » Lotte pointa son nez mutin et avec un grand sourire reprit : «Pour commencer, quelles souffrances atroces as-tu subi depuis ton arrivée au pays du terrible Lôtre ? »

Notre Tel-Tel, tout frémissant, écarquilla des yeux effrayés et se lança dans le récit tout ému de ses premières expériences.

Mercredi  16  décembre 2015

Lotte écoutait, toute attendrie et compatissante,  les premières expériences de notre Tel-Tel au pays du terrible Lôtre. Les pétales roses de ses lèvres frémirent délicatement : « Mon cher Tel-Tel, ta découverte du pays de Lôtre est bien particulière ! Tu es sorti comme par enchantement de ta bulle mais tu as ressenti le désenchantement de la quitter ! Ta bulle est si solide qu’aucun de nous n’a jamais pu la faire ouvrir et tu te souviens de nos visages écrasés à sa surface pour essayer de voir qui vous étiez sans y arriver. Même le puissant Lôtre avec toute sa force n’aurait pu l’ouvrir ! Il faut, je crois, que tu renonces à y retourner et, si tu le veux bien, je suis prête à te faire découvrir le pays de Lôtre ! »

Notre Tel-Tel plongea son regard dans les grands yeux bleus de Lotte et y vit une eau aussi douce et aussi pure que celle des lagons de sa bulle. « Oh oui, Lotte, avec toi je me sens à l’abri des cruautés de l’horrible Lôtre ! » Et un nouveau petit nuage ombra insensiblement l’eau bleue de son regard. Mais son beau rire léger revint aussitôt et elle secoua le nuage d’or de ses cheveux, tel une poudre magique.

« Commençons donc par tes premières expériences ! Si tu les regardes avec les yeux de ta bulle, elles t’ont fait bien souffrir, n’est-ce pas ? » Notre Tel-Tel frissonna : « Oh combien, Lotte ! » « Eh bien maintenant, plonge dans mes yeux et regarde de nouveau ce qui t’est arrivé depuis ton arrivée au pays de Lôtre » Notre Tel-Tel obéit et fixant les grands yeux bleus, plongea dans les douces eaux de la confiance … 

jeudi  17  décembre 2015

« Pour commencer, j’ai découvert au pays de Lôtre la terrible peur qui paralyse tout l’être et … » « Et… ? » reprit Lotte avec un sourire malicieux. « Et l’enfant tout barbouillé m’a donné ses chocolats si réconfortants que je n’ai plus eu peur !  Mais alors, je me suis senti si triste que des flots de larmes comme je n’en avais jamais connu m’ont envahi : c’était si horrible…» « Et … ? » « Et deux vieillards à la douceur infinie m’ont raconté de belles histoires  où personne ne restait seul longtemps qui m’ont redonné confiance et fait sécher mes larmes. Mais alors, ce froid qui règne en ce moment, aussi redoutable que Lôtre,  m’a fait grelotter au point de ne plus pouvoir bouger ! » « Et… » « Et le charbonnier qui passait par là m’a donné son manteau à capuche et m’a emmené chez lui pour dormir près du feu sur des coussins moelleux ! Mais alors, est survenu la faim, inimaginable dans la bulle des Tel-Tel ! » « Et… » « Et le boulanger tout poudré de farine m’a donné à manger du pain et de délicieux gâteaux … »

Lotte interrompit son récit avec son rire cristallin et un tantinet gourmand :  « Oui, oui, en ce moment nous avons coutume de préparer beaucoup de petits gâteaux ! » « Certes ils sont délicieux mais ils n’ont pas empêché que je meure presque d’une abominable soif, étouffé avec la langue toute sèche ! » « Et… ? » « Et alors, le boulanger m’a fait boire et je me suis senti très bien ! »

« Il n’empêche, à part ne plus avoir peur, ne plus être triste, me réchauffer, manger et boire, il ne me restait plus rien à faire  et loin de ma bulle et j’ai découvert le mortel ennui et l’effroyable solitude… ! » « Et alors, le danseur nerveux m’a  amusé avec son jeu de claquettes et m’a confié le secret de la gouttelette où j’ai pu revoir ma bulle mais sans pouvoir y retourner et retrouver les autres Tel-Tel pour autant ! »

« Et… ???? »

Vendredi  18  décembre 2015

« Et la dernière perle d’eau est tombée sans que je puisse revoir ma chère bulle et Dieu sait ce qu’il peut m’arriver seul dans ce pays de l’épouvantable Lôtre ! »

Une nouvelle ombre glissa sur l’eau bleue des yeux de Lotte qui s’obstina : « Et, et, et … ??? » « Je ne sais plus ! » « Eh bien dans la dernière gouttelette magique qu’as-tu donc vu ? Etait-ce vraiment ta bulle ? » Notre Tel-Tel rougit et bégaya : « B-ben, n-non ! Et je dois dire que c’est la plus belle image que je n’ai jamais vu ici et même dans ma bulle : ton : merveilleux visage avec tes grands yeux bleus et tes longs cils dorés, ton petit nez mutin et ta bouche délicate comme une rose et tout autour, comme une poudre d’or, tes boucles légères et dorées… »

Cette fois ce fut Lotte qui rougit : « C’est très beau ce que tu dis-là mais bien flatteur aussi ! Ce qui est important c’est que désormais, Tel-Tel, tu as une amie, une vraie, prête à t’aider et à te faire découvrir ce pays que tu redoutes tant ! En as-tu envie ? » « Oh, oui, Lotte ! Mais que ferons-nous si nous rencontrons sur notre route le terrible Lôtre ? » L’ombre passa de nouveau sous les longs cils dorés : « Eh bien nous aviserons ! Ne suis-je pas délicate et fragile ? Je n’ai jamais été détruite par Lôtre ! »

« Prends donc ma main et commençons ! »

Samedi  19  décembre 2015

«  Tu sais déjà qu’au pays de Lôtre, s’il est possible d’avoir peur, froid, faim, soif ou de s’ennuyer, il y a toujours quelqu’un pour nous aider : tu en as déjà fait l’expérience.  Comme tu as pu le voir, mais sans t’en rendre compte, les habitants du pays de Lôtre sont beaux aussi, mais dans la différence : dans ta bulle tous les Tel-Tel étaient semblables mais ici les gens sont tous uniques et leurs particularités font leur beauté : n’as-tu pas trouvé toi-même que les vieillards avaient de beaux visages plein de tendresse ? Que la farine du boulanger poudrait ses cheveux aussi élégamment que ceux d’un marquis ? Et moi-même qui suis si différente de toi, ne m’as-tu pas trouvée aussi belle qu’un Tel-Tel ? » « … oh ! Tu es même beaucoup plus belle… ! » « Il suffit de bien regarder chaque personne, chaque animal, chaque chose pour découvrir sa beauté ! Crois-moi c’est un très beau jeu ! »

Et les voilà partis sur les chemins et les routes, les sentes et les rues à la découverte des … autres ! Notre Tel-Tel, tout égayé, sautait comme un cabri  de l’un à l’autre en criant à Lotte : « Oh, regarde comme ce bébé est beau avec ses doigts tout minuscules et déjà agiles ! Oh ! ces écolières avec leurs blouses presque pareilles mais toutes différentes ! Et ce garde tout sévère qui ne bouge pas, vois comme ses yeux rient sans rien dire ! Et ce bel homme avec sa haute taille son grand sourire et longues bottes ! Et… »

Lotte se mit alors à rire, de son rire, léger et cristallin, si ample qu’il enveloppait notre Tel-Tel tout entier : « Justement … »

Dimanche  20  décembre 2015

« Regarde bien cet homme, Tel-Tel, et dis-moi comment tu le vois ! » Notre Tel-Tel leva les yeux haut, bien haut pour regarder l’homme tout entier tant était grande sa stature. Ebloui, il dit doucement et avec admiration : « Cet homme est immense ! Il est beau, si beau ! D’une beauté qui reflète la bonté ! Il est si beau et si bon qu’on ne peut que l’aimer et l’admirer ! Comme j’aimerais être de ses amis ! »

Le bel homme à la haute taille entendit sa remarque et lui adressa un sourire léger mais si ample qu’il enveloppa notre Tel-Tel tout entier. « Eh bien, Lotte ! Tu as trouvé un nouvel ami : je n’ai jamais vu ce beau jeune homme dans le pays ! Qui est-il donc et d’où vient-il ? » Et Lotte se mit à raconter toute l’histoire de notre Tel-Tel, de la beauté de sa bulle et son exil à toutes les expériences et découvertes faites ensemble, ponctuant les épisodes de son rire léger et cristallin. Le bel homme à la haute taille, en écoutant ce récit, souriait de plus en plus.

Notre Tel-Tel était totalement subjugué par le talent de Lotte qui présentait avec tant d’intérêt son aventure et par l’immense bienveillance avec laquelle l’homme à haute taille l’écoutait.  Il se sentait si enveloppé par le rire de l’une et le sourire de l’autre qu’il en vint à souhaiter pouvoir vivre toujours dans ce pays merveilleux… 

Lundi  21  décembre 2015

« Hou-hou, Tel-Tel : à quoi rêves-tu ? Tu sembles parti bien loin de nous ! » « Oh, Lotte ! C’est si bon d’être ici, avec vous deux : vous me rendez aussi heureux que lorsque j’étais dans ma bulle avec les autres Tel-Tel !  » Lotte éclata de son rire léger et cristallin : « Ne t’avais-je pas dit que notre pays aussi était merveilleux même s’il est très différent du tien ? » 

Lotte se mit sur la pointe des pieds et, agrippant avec familiarité la manche du bel homme à haute taille, elle lui chuchota quelque chose à l’oreille. L’homme rit : « Mais bien sûr, ma fille, tu peux lui proposer… ! » « Alors voilà, Tel-Tel, puisque mon père est d’accord, si tu le veux vraiment, tu peux rester vivre pour toujours ici et devenir l’un des nôtres ! »

Notre Tel-Tel était stupéfait : cet homme était donc son père ! Et une personnalité importante du pays de Lôtre puisqu’il donnait son accord ! « Oh oui, comme je le souhaite ! répondit-il, mais ici, c’est le pays du terrible Lôtre, l’ennemi des Tel-Tel : que deviendrai-je s’il apprend ma présence ?  Sa colère pourrait être épouvantable ? »

Le léger nuage ombra le bleu des yeux de Lotte qui se tourna vers son père. Celui-ci regarda notre Tel-Tel de son sourire si bienveillant et si ample : «  Crois-tu donc que le seigneur Lôtre n’est pas au courant de ta venue parmi nous ? Depuis tant de jours et d’aventures parmi les habitants du pays de Lôtre as-tu jamais été menacé ? Es-tu bien sûr que Lôtre soit un monstre ? » « Mais, mais dans notre bulle tous les Tel-Tel se souvenaient que les ancêtres auraient été massacrés par le terrible Lôtre sans la protection de la bulle… ! »

Les yeux de Lotte devinrent aussi sombres que la nuit…

Mardi  22  décembre 2015

Mais son père lui prit la main pour la calmer et se pencha vers notre Tel-Tel : « Très bien mon ami. Avant que tu ne te décides définitivement à reste parmi nous, je te propose de retourner voir ta bulle. Comme tu l’as compris, j’ai quelques pouvoirs spéciaux qui me permettront de t’y faire entrer de nouveau.  Veux-tu y retourner ? » Oubliant tout son désir de rester au pays de Lôtre, bienheureux entre Lotte et son père, notre Tel-Tel bondit joyeusement : « Oh oui, combien j’aimerais revoir ma bulle et les autres Tel-Tel ! »

Lotte, très triste, s’éloigna mais son père rit avec bienveillance : « Soit, Tel-Tel ! En notre pays il se prépare en ce moment, au creux de l’hiver,  une grande fête de la bonté, de la générosité, du partage et du renouveau  que nous appelons « Noël » et nous aimons faire plaisir en réalisant des vœux. Je vais réaliser ton vœu ; viens avec moi ! » Il prit la main de notre Tel-Tel et l’entraîna vers le buisson aux gouttelettes magiques, secoua les brindilles au-dessus d’une belle coupe d’argent où se forma une énorme goutte, toute ronde et irisée à la façon des boules de Noël.

« Tel-Tel, veux-tu vraiment retourner dans ta bulle ? » « Oui, oui ! » « Regarde avec moi la goutte dans cette coupe d’argent et concentre-toi ! »

Notre Tel-Tel se pencha au dessus de la coupe et dans la grande goutte irisée rencontra le regard du père de Lotte. Il pensa à la bulle des Tel-Tel fort, très fort, très très très fort… et …

Voilà notre Tel-Tel soudain transporté avec le père de Lotte dans sa bulle !

Tout était comme avant !  Le temps y était toujours clément. La végétation luxuriante était d’une beauté sans pareille. Les oiseaux offraient des concerts dignes des plus belles chorales. Les cascades ajoutaient leurs harmonies à celles des oiseaux et les bassins tièdes accueillaient les ébats joyeux des Tel-Tel … et … et DES pères de Lotte !

Mercredi  23  décembre 2015

Notre Tel-Tel resta sidéré : « Comment était-ce possible ? Le père de Lotte s’était démultiplié et reproduit en un nombre incroyable de frères jumeaux ! » Le sourire si plein de bienveillance se retrouvait  sur tous leurs visages et se transforma tout à coup en un beau rire sonore qui fit envoler les oiseaux : «Tel-Tel, Tel-Tel, mon ami, ton étonnement  est si drôle à voir ! » Notre Tel-Tel frissonna, réalisant, qu’il n’avait jamais entendu parler sous sa bulle !

« Tel-Tel : comprends-tu maintenant quelle était ta vie ici  et pourquoi les Tel-Tel n’ont pu t’aider lorsque tu es passé de l’autre côté de la vitre ? »  Hébété, notre Tel-Tel ne comprenait rien à ce qui se passait sous sa bulle et vit tous les pères de Lotte prendre la main de tous les Tel-Tel : la farandole se reformait !  Mais en regardant mieux les autres, notre Tel-Tel vit qu’ils étaient tous vêtus des vêtements chauds qu’il portait au pays de Lôtre. Un nouveau frisson le parcourut : quel était donc ces mystères ?

La voix du père de Lotte reprit : « Tu ne sembles pas avoir compris, Tel-Tel. Viens près de la vitre et vois comme elle reflète tout ce qui est à l’intérieur de la bulle : comme tu m’aperçois en grand nombre alors que je suis seul, elle t’a reflété aussi alors que tu étais seul : c’est pourquoi tu n’avais pas besoin de parler pour que les autres te comprennent : tu te comprenais toi-même. La végétation luxuriante, les animaux en grand nombre n’étaient aussi que des reflets… Tel-Tel tu étais seul, terriblement seul ! » Un grand froid parcourut notre Tel-Tel.

« Maintenant que cette révélation vient de t’être faite : où veux-tu vraiment vivre ? » « Au pays de Lôtre , sans hésiter, en espérant que je ne serais pas la proie du terrible Lôtre… »

Le père de Lotte se mit de nouveau à rire : « Ne t’inquiète donc pas Tel-Tel ! Je saurai te protéger car … »

Jeudi  24  décembre 2015

« Ton terrible Lôtre  que tu redoutes tant, cet horrible Lôtre, eh bien : c’est moi ! »

A cette nouvelle révélation, notre Tel-Tel vacilla, tout pâle, et aurait lourdement chuté si le père de Lotte, autrement dit, le seigneur Lôtre, ne l’avait recueilli à temps dans ses grands bras bienveillants. « Vois-tu Tel-Tel, il faut sortir de sa bulle pour découvrir que les autres ne sont pas aussi détestables qu’on l’imagine !  Viens vivre avec nous et tu seras encore plus heureux que tout seul sous ta bulle ! »

Frissonnant de bonheur cette fois, notre Tel-Tel murmura « Oh, oui, emmenez-moi vite loin de ma bulle ! » Et, se penchant sur la coupe d’argent, ils réunirent leurs regards dans l’irisation de l’eau et se retrouvèrent aussitôt devant un magnifique palais entouré d’un immense parc où croissaient d’innombrables- et réels- arbres tout poudrés de neige. Quand ils entrèrent dans le château, des feux réconfortants brûlaient dans les âtres et  coloraient des tentures merveilleuses et faisaient scintiller ici et là des objets en or et en pierres précieuses . Des chants de Noël, joyeux, retentissaient de toutes parts, un sapin richement décoré trônait dans le grand salon au milieu de gâteaux, de confiseries et de cadeaux.

Notre Tel-Tel écarquillait les yeux. Le seigneur Lôtre lui fit découvrir toutes les pièces du palais et finit par lui dire : « Tel-Tel, mon ami toutes ces richesses sont magnifiques mais, crois-moi, la plus grande des richesses reste la bienveillance et l’amour des autres… »

 Notre Tel-Tel acquiesça et sentit une petite main se glisser dans la sienne : c’était Lotte et son merveilleux visage avec ses grands yeux bleus et ses longs cils dorés, son petit nez mutin et sa bouche délicate comme une rose et tout autour, comme une poudre d’or, ses boucles légères et dorées : « Tu sais tout maintenant ? » « Oui, et je suis sûr de vouloir rester ici, avec le seigneur Lôtre, ton père, et surtout… avec toi ! »

Alors, le rire, léger et cristallin de Lotte éclata, de plus en plus ample, si ample qu’il l’enveloppa tout entier jusqu’à la fin des temps.

 

Fin

 

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Publié dans L'heure du conte

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Parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans l'hôtellerie.

Publié le par Autour de Nicole et Pierre

Parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans l'hôtellerie.

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Pendant qu'ils étaient là, le temps où Marie devait accoucher arriva, et elle enfanta son fils premier-né. Elle l'emmaillota, et le coucha dans une crèche, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans l'hôtellerie.

Luc 2, 6-7

Parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans l'hôtellerie.

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Publié dans Beaux textes

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Koutia

Publié le par Autour de Nicole et Pierre

Koutia
Nous avons choisi ce dessert de Noël particulièrement facile à réaliser et à partager ! (Il a de plus l’avantage pour nous de ne comporter ni graisse ni sel !) C’est léger, frais et délicieusement parfumé.
La version traditionnelle (1) se réalise en deux jours, une version (2) peut se faire en une fois.
La koutia est un dessert traditionnel de Noël russe, d'origine ukrainienne. En Ukraine c'est l'un des douze desserts servis la veille de Noël - préparée avec du gruau de sarrasin concassé, du miel et de la girofle. Le blé symbolise une vie prospère et le miel représente l'esprit du Christ.
Koutia
Koutia
Koutia

Publié dans Recettes de l'Avent

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La parole qui ne veut ni convaincre ni changer quoi que ce soit rayonne comme un soleil.

Publié le par Autour de Nicole et Pierre

La parole qui ne veut ni convaincre ni changer quoi que ce soit rayonne comme un soleil.

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Je traversais avec ennui un courant d’air de vitres et de pavés.

Et le miracle a éclaté : sur une centaine de mètres, trois mendiants. 

Le désespoir était leur routine.

J’ai vu une passante réveiller chacun d’eux, serrer leur mains, leur parler.

J’ai vu les visages fripés, maigres, cette chair lasse de survivre s’allumer comme une ampoule, donnant dix mille fois plus de lumière que les décorations de l’avenue à Noël.

La parole qui ne veut ni convaincre ni changer quoi que ce soit rayonne comme un soleil.

 

Christian BOBIN, La grande vie 

La parole qui ne veut ni convaincre ni changer quoi que ce soit rayonne comme un soleil.

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Publié dans Beaux textes

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Charade du Père Noël

Publié le par Autour de Nicole et Pierre

Charade du Père Noël
En passant, le père Noël nous a raconté cette charade rapide .
Qui trouvera la solution ?

Mon premier est un sacré parasite

Mon deuxième répète tout.

Mon troisième est une région allemande.

Je trouve mon tout dans les maisons que je visite.

C'est ????

 

Charade du Père Noël

Publié dans Jeux

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Partage ton pain ...

Publié le par Autour de Nicole et Pierre

Partage ton pain ...

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Partage ton pain avec celui qui a faim,

Et fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile;

Si tu vois un homme nu, couvre-le,

Et ne te détourne pas de ton semblable.

Esaïe 58, 7

Partage ton pain ...

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Publié dans Beaux textes

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A Noël ...

Publié le par Autour de Nicole et Pierre

A Noël ...

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Pour chanter en famille aux veillées de l'Avent, nous avons bien aimé ce chant de Joël Dahan  trouvé sur le site : http://cantiques.fr/categorie/fetes/       Bon week-end en musique!

Dieu est venu dans ma vie, à Noël

Comme un petit, tout petit, à Noël

Les puissants s’font du souci à Noël

Mais qui donc est ce messie ? À Noël

Jésus est né une nuit à Noël

La mangeoire ! Voici son lit à Noël

Pour un roi, quel beau palais à Noël

Pour un Sauveur, quelle idée ! À Noël

Il a reçu trois cadeaux à Noël

Moi, j’en ai eu beaucoup trop à Noël

Mes parents et mes amis à Noël

Ont vraiment grand appétit ! À Noël

Et moi, je suis au milieu à Noël

Où est-il passé, mon Dieu, à Noël ?

Les lumières de la terre à Noël

Ont-elles caché la misère à Noël ?

N’oubliez pas cette histoire à Noël

Racontez-là tous les soirs à Noël

Ne refermez pas le livre à Noël

Donnez-moi le temps de vivre un Noël

 

Texte et musique : Joël Dahan (2010)

 

A Noël ...

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Publié dans Chants de Noël

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Le monde du partage...

Publié le par Autour de Nicole et Pierre

Le monde du partage...

Le monde du partage devra remplacer le partage du monde.

Claude LELOUCHItinéraire d'un enfant très gâté

Publié dans Beaux textes

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Qui frappe à la porte ? (Wer klopfet an ?)

Publié le par Autour de Nicole et Pierre

Qui frappe à la porte ? (Wer klopfet an ?)

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En Allemagne du sud, en Autriche et en Suisse, il est de coutume, pendant l’Avent de chanter des « Herbergsuchen » (Recherche d’un abri) pendant les « Klöpfennacht » (Nuit où l’on frappe), nuits des trois derniers jeudis précédant Noël.

Les gens vont de maison en maison en cherchant un abri (comme Marie et Joseph cherchaient un refuge à Bethleem). Les gens dans la maison (dans le rôle de l'aubergiste) chantent un rôle et les "pèlerins" chantent l'autre partie. Parfois on donne à manger et à boire ou de l'argent aux chanteurs ambulants. Un dialogue est chanté entre l’aubergiste avec un son rugueux, bas, grondant et le couple saint avec ses supplications douces .La chanson raconte de la recherche d'un abri à Bethléem

Les traditions varient selon les régions. Dans certaines villes, il est de coutume que les chanteurs donnent un portrait de Marie qui devient "l'invitée" de la maison. À la messe de Noël, l'image de Marie retourne à l'église.
La tradition de ces chants est attestée dès la moitié du 15ème siècle. A l’époque il s’agissait de chants laïcs liés à la nouvelle année. Ainsi, on pouvait entendre les animaux de compagnie parler de la mort de l'année, quand on avait frappé à la bonne heure aux murs des étables.

Au cours de la Contre-Réforme une version chrétienne de ces chants appelés « Anklöpfelns » a été créée. En Autriche, la tradition toujours vivante des « Anklöpfeln » dans les basses terres du Tyrol a été inscrite au patrimoine culturel immatériel national de l'UNESCO

Sources : http://www.mamalisa.com/?t=fs&p=4634 , http://www.faz.net/aktuell/gesellschaft/familie/weihnachtslieder/weihnachtslieder-22-wer-klopfet-an-12683199.html

Qui frappe à la porte ? (Wer klopfet an ?)

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En voici une charmante représentation par le chœur de garçons de Saint-Florian en Autriche :

Wer klopfet an

Qui frappe à la porte

1. Wer klopfet an?

"O zwei gar arme Leut!"

Was wollt ihr dann?

"O gebt uns Herberg heut!

O, durch Gottes Lieb' wir bitten

Öffnet uns doch eure Hütten

O nein, O, nein!

"O lasset uns doch ein!"

Es kann nicht sein.

"Wir wollen dankbar sein!"

Nein, es kann nicht sein,

Da geht nur fort,

ihr kommt nicht rein.

1. Qui frappe à la porte ?

— Oh, deux pauvres personnes fatiguées.

— Que voulez-vous donc ?

— Oh, donnez-nous juste à loger.

Oh, pour l'amour du Seigneur, nous vous prions

de nous ouvrir la porte de votre cabane.

— Oh non !, Oh non !

— Oh, laissez-nous donc rentrer !

— Cela ne se peut.

— Nous vous en serons reconnaissants.

— Non, cela ne se peut.

Partez maintenant,

Vous ne rentrerez pas.

2. Wer vor der Tür?

"Ein Weib mit ihrem Mann."

Was wollt ihr denn?

"Hört unser Bitten an!

Lasset heut bei Euch uns wohnen

Gott wird Euch schon alles lohnen!"

Was zahlt ihr mir?

"Kein Geld besitzen wir!"

Dann geht von hier!

"O öffnet uns die Tür!"

Ei, macht mir kein Ungestüm,

Da packt euch, geht woanders hin!

2. "Qui est dehors à la porte ?

— Une femme avec son mari.

— Que voulez-vous ?

— Écoutez nos prières !

Laissez-nous habiter avec vous aujourd'hui,

Dieu vous récompensera tous !

— Que me paierez-vous ?

— Nous n'avons pas d'argent !

— Alors partez d'ici !

— Oh, ouvrez la porte !

— Ah, ne me faites aucune insolence,

Faites vos paquets et partez ailleurs !"

3. Was weinet ihr?

"Vor Kält erstarren wir."

Wer kann dafür?

"O gebt uns doch Quartier!

Überall sind wir verstoßen,

Jedes Tor ist uns verschlossen!"

So bleibt halt drauß!

"O öffnet uns das Haus!"

Da wird nichts draus.

"Zeigt uns ein andres Haus."

Dort geht hin zur nächsten Tür!

Ich hab nicht Platz, geht nur von hier!

3. "Pourquoi pleurez-vous?

— Nous sommes transis de froid.

— Qui y peut quelque chose ?

— Oh, donnez-nous seulement à loger !

Partout on nous renvoie,

Toutes les portes nous sont fermées !

— Alors ne restez pas là !

— Oh, ouvrez-nous la maison !

— Il n'en sera rien.

— Montrez-nous une autre maison !

— Là, allez à la porte à côté !

Je n'ai pas de place, partez donc d'ici !"

4. Ihr kommt zu spät!

So heißt es überall!

Da geht nur, gehtl

O Freund, nur heut einmal!

Morgen wird der Heiland kommen

Dieser liebt und lohnt die Frommen

Liegt mir nichts dran!

Seht unser Elend an

Geht mich nichts an!

Habt Mitleid, lieber Mann

Schweigt mir gleich,

Laßt mich in Ruh

jetzt geht, ich schließ die Tür schon zu.

4. "Vous arrivez trop tard !

— On le dit partout !

— Alors, allez donc, allez !

— Oh, ami, juste pour aujourd'hui!

Demain le Sauveur viendra,

Celui qui aime et récompense les pieux.

— Que m'importe !

— Regardez notre misère.

— Ça ne me concerne pas !

— Ayez pitié, cher homme,

Faites-moi taire tout de suite.

— Laissez-moi tranquille,

Partez maintenant, je ferme aussitôt la porte à clé."

5. Da geht nur fort!

"O Freund, wohin? Wo aus?"

Ein Viehstall dort!

"Geh, Joseph, nur hinaus!

O mein Kind, nach Gottes Willen

Mußt du schon die Armut fühlen."

Jetzt packt euch fort!

"O, dies sind harte Wort'!"

Zum Viehstall dort!

"O, wohl ein schlechter Ort!"

Ei, der Ort ist gut für euch;

Ihr braucht nicht viel.

Da geht nur gleich!

5."Allons, partez donc !

— Oh, ami, où, vers où ?

— Une étable là !

— "Va, Joseph, juste là-bas !

Oh, mon enfant, selon la volonté de Dieu,

Tu dois déjà ressentir la pauvreté.

— Maintenant, faites vos bagages !

— Oh, ce sont des mots durs !

— Partez pour l'étable là !

— Oh, c'est probablement un mauvais endroit !

— Ah, l'endroit est bien pour vous ;

Vous n'avez pas besoin de grand-chose,

Alors filez tout de suite !"

6. Komm Sünder her!

Jetzt Sünder hör mich an

Ja komm nur her.

Und hör was du getan

Du hast Jesum so verstoßen

Hast ihm jede Tür verschlossen

O Sünder wein!

O sieh dein Jesulein

muß jetzt o Pein!

Im kalten Stalle sein

O wie grausam ist die Sünd

Die so verstößt das beste Kind.

6. Viens ici, pécheur !

Pécheur, maintenant écoute-moi.

Oui, viens donc ici

Et écoute ce que tu as fait :

Tu as beaucoup offensé Jésus,

Tu lui as fermé toutes les portes,

Oh, pécheur, pleure !

Oh, vois, ton petit Jésus

Doit, oh tourment,

être dans une froide étable.

Oh, quel cruel péché

Qui renie le meilleur des enfants.

 
Qui frappe à la porte ? (Wer klopfet an ?)

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Qui frappe à la porte ? (Wer klopfet an ?)
Qui frappe à la porte ? (Wer klopfet an ?)

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Publié dans Chants de Noël

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Devinette de l'Avent : la solution

Publié le par Autour de Nicole et Pierre

Devinette de l'Avent : la solution

C'est Danie qui a trouvé la solution à notre devinette : http://http://avents-de-nicole-et-pierre.over-blog.com/2015/12/devinette-de-l-avent-2015.html !

Notre photo représentait une partie de fleur de Schlumbergera ou cactus de Noël (qui chez nous a d'ailleurs copieusement fleuri en ...octobre!)

Bravo Danie!

Devinette de l'Avent : la solution
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Il n’est d’appel que l’altérité

Publié le par Autour de Nicole et Pierre

Il n’est d’appel que l’altérité

(…) la différence ne passe pas, prioritairement, de nous à l’autre. Elle est déjà, originairement, inscrite en nous-mêmes. Elle est l’autre nous-mêmes qui, en nous, creuse déjà le sillon de sa présence ou de son absence. Elle est la présence absente où s’inscrit la destination de l’homme, cette vocation ou cet appel qui, déjà, interdit à jamais qu’il se saisisse entièrement lui-même.

Il n’est d’appel que l’altérité.

Pierre-Yves RUFF, Au-delà de l’identité

Publié dans Beaux textes

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Aimez vos ennemis...

Publié le par Autour de Nicole et Pierre

Aimez vos ennemis...

Publié dans Beaux textes

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Éloge de l'autre

Publié le par Autour de Nicole et Pierre

Éloge de l'autre

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ELOGE DE L'AUTRE 


Celui qui marche d’un pas lent dans la rue de l’exil
C’est toi
C’est moi
Regarde-le bien, ce n’est qu’un homme
Qu’importe le temps, la ressemblance, le sourire au bout des larmes 
l’étranger a toujours un ciel froissé au fond des yeux
Aucun arbre arraché
Ne donne l’ombre qu’il faut 
Ni le fruit qu’on attend
La solitude n’est pas un métier
Ni un déjeuner sur l’herbe 
Une coquetterie de bohémiens
Demander l’asile est une offense
Une blessure avalée avec l’espoir qu’un jour 
On s’étonnera d’être heureux ici ou là-bas. 


(Tahar Ben JELLOUN)

Éloge de l'autre

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La lumière du monde

Publié le par Autour de Nicole et Pierre

William Hunt « La lumière du monde » 1851-1853    Cathédrale Saint-Paul, Londres
William Hunt « La lumière du monde » 1851-1853 Cathédrale Saint-Paul, Londres
Au cours de nos pérégrinations sur le web, nous avons découvert sur le site de Protestants dans la Ville cette très belle fresque et son commentaire par le pasteur Gilles Castelnau. Ne voyant rien à y ajouter, nous partageons avec vous ce texte .

En 1848, alors qu’en France la société figée de Louis-Philippe s’effondrait dans le renouveau romantique de Lamartine et du drapeau tricolore retrouvé, dans la redécouverte de l’humanisme des Droits de l’homme (ah, le suffrage universel rendu au peuple, l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises, le droit au travail pour tous proclamé avec l’ouverture des chantiers nationaux pour les chômeurs !), en Angleterre un petit groupe de jeunes peintres récusait lui aussi la froideur et le conformisme de l’ère victorienne : William Hunt, Dante Rossetti, Edward Burne-Jones, scandalisaient les bien pensants en fondant la Confrérie Préraphaélite en une recherche juvénile d’authenticité dont ce tableau est un exemple.

Manifestement dans la ligne du puritanisme méthodiste, parallèle au calvinisme français, suisse, écossais et hollandais, Hunt propose ici une saisissante présence du Christ dont le regard interpelle et émeut bien plus profondément que les cérémonies un peu froides et stéréotypées de l’Église anglicane de l’époque.

Les multiples symboles qui composent ce tableau donnent tous à penser.
En voici quelques uns.

- Le regard du Christ se fixe sur le visiteur et ce regard interpelle à la fois paisiblement, sans menace, sans reproche, sans culpabilisation mais avec sérieux et profondeur.

- La main qui frappe à la porte. Elle est évidemment une citation de l’Apocalypse :

Voici, je me tiens à la porte et je frappe
Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte
J’entrerai chez lui et je souperai avec lui et lui avec moi. (Apo 3.20)

On comprend que cette porte fermée depuis longtemps et qui ne peut être ouverte à cause des herbes qui y ont poussé est celle de notre monde, de notre cœur, de nos tabous et de nos blocages individuels ou collectifs qui nous asphyxient et dont le Christ croit qu’elle pourra s’ouvrir, se décoincer et nous ouvrir à de nouvelles réalités plus libres, plus souriantes.
Tout ceci est suggéré et c’est dans sa propre méditation que chacun pourra concrétiser ses espérances.

- L’obscurité et la lumière. Hunt a donné pour titre à son tableau « la lumière du monde ». On ne sait s’il fait nuit ou s’il fait jour mais il est sûr que la lumière que le Christ apporte éclaire une réalité bien obscure, encore accentuée par le sol si sombre et l’ombre des grands arbres.
Chacun, ici encore, pourra évoquer sa propre vie peut-être vécue dans les ténèbres angoissantes de l’incertitude, de la médiocrité, de l’échec - mérité ou non - et l’espérance de la lumière qui le rendra, s’il la saisit, à son humanité perdue.

Cette lumière est aussi celle de la réorientation de nos vies, car il est écrit (et Hunt cite quelquefois ce psaume)

« Ta parole est une lampe à mes pieds
une lumière sur mon chemin » (Ps 119, 105)

Effectivement la lumière rayonne partout dans ce tableau (on la voit sur le visage du Christ, autour de sa main qui frappe et singulièrement sur cette porte qui s’ouvrira peut-être), sur sa robe et son beau manteau, mais elle brille surtout à partir de la lanterne qui éclaire le chemin, ses pierres aigues et ses petits cailloux brillants.

C’est tout un sermon que nous fait Hunt en peignant ce tableau, c’est une spiritualité authentique et claire qu’il nous propose dans sa sincérité. On peut comprendre le désarroi de l’Église officielle, des Anglais bien pensants déstabilisés dans leurs rites ecclésiastiques, leur doctrine traditionnelle : la pensée puritaine de Hunt contourne les dogmes traditionnels - la couronne d’épine sur la tête du Christ rappelle pourtant discrètement le message de la croix - et il ne reste de sa foi que ce qui en fait à ses yeux l’essentiel : l’espérance apportée à l’homme angoissé par l’union fusionnelle que le Christ nous propose, paisiblement, puissamment, fraternellement.

Gilles Castelnau, 10 novembre 2008

http://protestantsdanslaville.org/spiritualite-et-image/im30.htm

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Devinette de l'Avent : deuxième indice

Publié le par Autour de Nicole et Pierre

Devinette de l'Avent : deuxième indice

Nous vous avons proposé une devinette pour l'Avent : http://avents-de-nicole-et-pierre.over-blog.com/2015/12/devinette-de-l-avent-2015.html Que représente la photo?

Nous savons grâce à Marino et Danie qu'il s'agit de pétales et pistils d'une fleur mais ni un camélia, ni un amarylis, ni une rose de Noël .

Pour relancer vos recherches, voici un nouvel indice : pour mieux reconnaître la fleur il faut inverser la photo de bas en haut...

Le précédent indice était : Il s'agit d'une fleur de saison qui porte dans son nom le mot de "Noël"...

Alors ?

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Les humains m'absorbent...

Publié le par Autour de Nicole et Pierre

Les humains m'absorbent...

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Les humains m’absorbent. C’est les aimer que j’aime.

Déjà, d’un quartier à l’autre, ils se transforment ;

jamais je ne finirai de les découvrir.

 

Andrée CHEDID (La cité fertile)

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Bernie et Etincelle

Publié le par Autour de Nicole et Pierre

Nous avons lu ce charmant conte pour enfant sur Les contes pour enfant du monde
http://www.contes.biz et comme il entre dans notre thème du partage le voici donc. (Pour le lire sur le site : http://www.contes.biz/modules.php?name=Content&pa=showpage&pid=18
Bernie et Etincelle

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Le soir, lorsque les enfants sont couchés et que la nuit a volé les couleurs dans toute la maison, vient pour les jouets l'heure d'un repos bien mérité.
Finies les guéguerres sur la moquette du salon, les rase-mottes d'avion au-dessus des plantes vertes... Les poupées ferment leurs petits yeux de porcelaine, les dînettes cessent de tintinnabuler, et les petites autos rentrent au garage, sous les franges du canapé. Puis tout le monde sombre dans un profond sommeil.

Mais ce soir, dans la chambre de Kelly et Valentine, bien sagement assis sur une étagère, deux petits jouets ne trouvent pas le sommeil. Deux petits pantins de tissu et de peluche, qui ont le cœur gros ; de ne pas avoir été regardés de la journée, de ne plus plaire et d'être abandonnes, là, depuis des jours et des jours.

Les jouets sont comme ça : ils sont nés pour jouer, ils aiment rire, ils aiment que les enfants les aiment. Quelle tristesse pour eux de se sentir abandonnés !

Eh oui ! Bernie et Étincelle ont le cœur gros ce soir. Il y a trop longtemps qu'ils s'ennuient sur cette étagère, figés dans l'oubli et la poussière.

Bernie ? C'est l'ours en peluche, un bel ours brun, comme ceux de la forêt, avec de beaux yeux ronds et noirs comme du charbon, un gros nœud rouge autour du cou. Avant c'était le roi des jouets, aujourd'hui c'est tout juste s'il ne sert pas de ballon de foot ou de chiffon pour essuyer le tableau.

Étincelle est un petit pantin de tissu, joyeux et turbulent. Dans son bel habit bleu électrique, il brille comme une étincelle. Il a, bien dessiné au coin des lèvres, son éternel sourire de charme, mais le cœur n'y est plus, son habit est passé, et il a le regard triste des jouets abandonnés. Tous deux sont là, blottis l'un contre l'autre, et pensent la même chose : "Il y a tellement de jouets, et il y a tellement de jouets maltraités, ce n'est pas juste qu'il y ait tant de malheureux !"

Alors, un beau soir de pleine lune, Bernie et Étincelle ont décidé de changer leur destin.
Ils sont descendus de leur étagère ; à pas de velours, ils ont traversé la chambre endormie, puis, sans un bruit, se sont glissés par la fenêtre dans le jardin enneigé, pour s'enfoncer dans la nuit froide, ne laissant derrière eux que les traces menues de deux petites peluches fuyant une maison qui ne les aime plus.
Au contact de cet air de liberté, Bernie retrouva les instincts sauvages de ses ancêtres. Et nos petits amis pénétrèrent les bois noirs qui bordaient le village.

La liberté se paya cher ; les premiers jours furent terribles. Transis et fatigués, les deux compères traversèrent des forêts immenses au péril de leur vie.

La nuit, Bernie, avec son épaisse fourrure, protégeait Étincelle du froid, et lorsqu'ils trouvaient du bois sec, Étincelle, qui portait bien son nom, allumait un petit feu.

Il en fut ainsi longtemps. Jusqu'au soir où, alors qu'ils n'en pouvaient plus de fatigue, ils se trouvèrent nez-à-nez avec une pauvre maisonnette, croulant sous un épais chapeau de neige.

Curieux, ils s'approchèrent. Par la fenêtre où filtrait une chaude lueur, ils virent un vieil homme. Qu'il avait l'air vieux avec sa grande barbe blanche, ses longs cheveux bouclés, son habit rouge et ses grandes bottes ! Il était assis devant sa cheminée, l'air bien triste, et de grosses larmes coulaient sur ses vieilles joues.

Comme il avait l'air gentil et bien malheureux, Bernie et son copain s'approchèrent.
- Pourquoi pleures-tu, grand-père ? Pourquoi es-tu si malheureux ?
- Vois-tu petit, répondit le vieux d'une voix chaude, je suis le père Noël des enfants pauvres. Noël n'est plus très loin, et tous attendent que je remplisse leurs souliers. Mais je suis moi-même si pauvre, que je n'ai plus de jouets à leur donner ; je suis un père Noël sans jouets pour ses petits, voilà pourquoi je suis triste.

Bernie devint songeur. "Pauvres gosses", pensa-t-il. Mais il eut soudain une idée géniale qu'il soumit illico au père Noël.
- Formidables, vous êtes formidables !

Le père Noël sautait de joie, dansait, chantait...
- Vite, au traîneau, Noël est dans deux jours, il n'y a pas une minute à perdre, je veux être à l'heure pour ce qui sera le plus beau Noël de mes petits chéris.

Comme une comète, dans un nuage d'étoiles, le beau traîneau rouge et or du père Noël fendit la nuit en direction du village.
Ce qui se passa ensuite n'arrive que dans les contes...

Maison après maison, Bernie et Étincelle invitèrent tous les jouets abandonnés à les suivre. Et l'on vit bientôt, venant de toutes parts, des tas et des tas de jouets escalader le traîneau. Peluches, soldats de plomb, poupées et camions de bois...

Le père Noël fut submergé, et c'est à peine si les rennes purent s'envoler à nouveau avec leur précieuse cargaison.

De retour chez le père Noël, sans perdre une seconde, tout le monde se mit au travail. On sortit colle, peinture, ciseaux, marteaux... Tous se mirent au boulot. L'atelier du père Noël bourdonnait comme une ruche ; on peignait un soldat par-ci, on réparait un avion par-là, ici on habillait une poupée... Les valides aidaient les estropiés et tous ces petits jouets étaient ravis de s'entraider pour retrouver un air de neuf.

Quand Noël arriva, le père Noël avait une hotte pleine jusqu'au ciel de jouets, tous plus beaux les uns que les autres, de quoi faire pâlir d'envie le plus riche des pères Noël.

La fête fut merveilleuse pour tous les enfants pauvres. Debout sur les toits, notre vieux père Noël entendait monter par les cheminées les cris de joie des enfants, ivres de bonheur. Ils étaient heureux et riaient, et les jouets étaient heureux et riaient aussi.

Fatigué mais ravi, le père Noël, à la fin de la nuit rentra chez lui. Mission accomplie ! Mais de nouveau seul, il eut soudain un gros coup de cafard.
- Personne ne fait jamais de cadeau au père Noël, se dit-il, et c'est bien triste, me voilà de nouveau seul jusqu'à l'année prochaine.

À peine avait-il fini sa phrase que nos deux héros apparurent dans la pièce. Et Étincelle annonça :
- Ne sois pas triste père Noël, Bernie et moi sommes décidés à rester avec toi. Et chaque année, nous irons dire aux jouets que l'on abandonne de venir nous rejoindre pour faire le bonheur des petits enfants pauvres

Publié dans L'heure du conte

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Partagez ! Donnez !

Publié le par Autour de Nicole et Pierre

Partagez ! Donnez !

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Partagez ! Donnez ! Tendez la main aux autres ! Gardez toujours un carreau cassé dans vos univers bien feutrés pour entendre les plaintes qui viennent de l'extérieur. 

Abbé Pierre Servir : Paroles de vie (2006)

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Devinette de l'Avent 2015

Publié le par Autour de Nicole et Pierre

Danie fait avancer la recherche avec la base d'un pistil, mais, en proposant un camélia elle s'éloigne de la réponse... Ce n'est pas un amarilys non plus! A suivre !

Récapitulation des indices : pétales et pistils d'une fleur mais pas d'un camélia, ni d'un amarilys....

Qui trouvera en premier ce que représente cet extrait de photo ?

Devinette de l'Avent 2015

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Publié dans Jeux

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Mignardises aux pistaches

Publié le par Autour de Nicole et Pierre

Et hop ! Petite gourmandise pour ce dimanche...
Mignardises aux pistaches

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Mignardises aux pistaches
Mignardises aux pistaches

Publié dans Recettes de l'Avent

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Aujourd’hui le Roi des cieux

Publié le par Autour de Nicole et Pierre

Aujourd’hui le Roi des cieux

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Veillée chantante aujourd'hui avec ce cantique de Noël d'origine anglaise. En voici une version sonore : https://www.youtube.com/watch?v=cddvZmhS6XI touvée sur le site http://cantiques.fr/categorie/fetes/

Aujourd’hui le Roi des cieux
Aujourd’hui le Roi des cieux
Aujourd’hui le Roi des cieux

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Publié dans Chants de Noël

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Les Rois Mages, poème de Edmond Rostand

Publié le par Autour de Nicole et Pierre

LES ROIS MAGES

Ils perdirent l'étoile, un soir ; pourquoi perd-on

L'étoile ? Pour l'avoir parfois trop regardée,

Les deux rois blancs, étant des savants de Chaldée,

Tracèrent sur le sol des cercles au bâton.

Ils firent des calculs, grattèrent leur menton,

Mais l'étoile avait fui, comme fuit une idée.

Et ces hommes dont l'âme eût soif d'être guidée

Pleurèrent, en dressant des tentes de coton.

Mais le pauvre Roi noir, méprisé des deux autres,

Se dit "Pensons aux soifs qui ne sont pas les nôtres,

Il faut donner quand même à boire aux animaux."

Et, tandis qu'il tenait son seau d'eau par son anse,

Dans l'humble rond de ciel où buvaient les chameaux

Il vit l'étoile d'or, qui dansait en silence.

Edmond ROSTAND, Les musardises  1887-1893

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Nous pouvons exister sans être les ennemis de quelqu’un.

Publié le par Autour de Nicole et Pierre

Nous pouvons exister sans être les ennemis de quelqu’un.

«  (…), Jésus remet en cause les frontières traditionnelles, les oppositions classiques, les clivages qui deviennent une part de notre identité. Nous pouvons exister sans être les ennemis de quelqu’un. Dans un monde en tension, Jésus propose une convivialité qui n’ignore rien des conflits, qui n’ignore rien des histoires, mais qui envisage qu’il y a plus à gagner ensemble que les uns contre les autres.

La déradicalisation ne passe pas par la mise en cage des menaces. Cela, ce serait de l’immobilisation. La déradicalisation passe par une réponse à la soif de vivre. Elle passe par des propositions plus intéressantes en termes d’idéal. Elle refuse de se contenter d’eau plate, autrement dit morte. La déradicalisation passe par la résurrection du désir de vivre et d’être soi-même source de vie pour les autres, d’être soi-même source d’eau vivifiante, d’être soi-même transmetteur de pulsions de vie ; ces pulsions de vie qui ne connaissent ni frontière, ni religion.

Amen »

Conclusion de la prédication « Jésus déradicalise la Samaritaine » du pasteur James Woody, lors du Culte du dimanche 22 novembre 2015 à l’Oratoire du Louvre.

Pour lire toute la prédication : http://blog.oratoiredulouvre.fr/2015/11/predication-jesus-deradicalise-la-samaritaine-jean-4/

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Marcello, le petit berger

Publié le par Autour de Nicole et Pierre

Marcello, le petit berger
En attendant la fin de notre propre conte, voici cette belle histoire, répondant bien à notre thème de cet Avent 2015, trouvée sur http://www.idees-cate.com/le_cate/contesdenoel.html d’après un conte de Julie River, Album "Bonjour Noël!", décembre 1985 ed. Averbode.
Bonne soirée conte...

CONTE DE MARCELLO, LE PETIT BERGER:

 

Ce soir-là, au château, le Roi Marson et la reine dînaient aux chandelles. Les ménestrels jouaient un air de mandoline. On en était au dessert.

Soudain, la reine dit: «Les fêtes de Noël approchent, Sire».

«Je sais», dit le roi. «Et je n’oublie pas que nous régnons déjà depuis 25 ans. C’est l’occasion de faire plaisir à nos sujets.»

Certes, l’occasion était rêvée, mais encore fallait-il trouver une idée originale, digne d’un palais royal.

Des idées, le roi n’en avait pas. Il n’en avait jamais et les propositions de la reine ne lui plaisaient guère. Quant aux ministres, ils se cassaient bien la tête, mais ne trouvaient rien d’extraordinaire. Fut alors appelé le seul vrai savant de la maison, maître Merlin. Il était un peu sorcier et débordait d’imagination.

«Moi, j’ai la solution à votre problème, sire!» Et, il montra un joli coffret précieux rempli de pièces d’or et une clé.

«Alors?», fit le roi.

«Alors! Voici une clé magique... Elle ne tourne dans la serrure que si celui qui l’a en main pense justement ce qu’il faut penser. Lui seul peut alors emporter le coffret et vivre riche.»

«Mais, à quoi faut-il donc penser?» interrogea le roi.

«Ah! ça c’est un secret que je ne puis dévoiler! C’est vos sujets qui doivent chercher!», répondit Maître Merlin.

 

Cette idée plut au roi et à sa dame. Aussitôt, un jeune troubadour parcourut la ville pour en informer les habitants.

Un coffret précieux au palais? Une clé à secret? Emporter le contenu? Pour toujours? Une idée de maître Merlin?.....

En ville, les gens ne parlaient plus que de cela. La boulangère oublia les pains dans le four. Ils avaient brûlé. Et le fermier, qui ne pensait plus qu’à gagner ce coffret, laissa la barrière ouverte, si bien que son cheval s’échappa…

 

La veille de Noël, dès le matin, une longue file de chercheurs de bonheur attendait à la porte du palais. Le roi et la reine les regardaient discrètement d’une petite fenêtre. Ils s’amusaient beaucoup. Un garde surveillait le coffret pendant que maître Merlin, caché derrière une tenture, observait le déroulement des faits.

A tour de rôle, les habitants de la région essayaient de faire tourner la clé.

«Ah! Je vais me faire construire un château aussi grand que celui du roi» pensa l’aubergiste du village en agitant la clé dans la serrure.

«Finie, la corvée du pain!» maugréa la boulangère en s’acharnant sur le coffret.

«Moi, je vais ouvrir une banque… Je serai riche, car je vais prêter ce trésor avec de gros intérêts!» se dit un des ministres, en cherchant à forcer le couvercle.

En vain! Au bout de la matinée, personne n’avait réussi. L’après-midi? Pas davantage.

Oh! Il y avait bien un bandit de grands chemins qui crut voir son heure de gloire arrivée, quand la clé sembla tourner. Hélas! son rêve de devenir roi s’effondra, car le coffret ne s’ouvrit pas.

Et le fermier qui pensait racheter un superbe cheval fut déçu lui aussi, tout comme le tisserand qui ne pensait qu’aux magnifiques brocards d’or qu’il pourrait acquérir avec tout ce trésor, et comme encore le médecin qui rêvait de devenir maître de la faculté de Paris… ou la paysanne qui pensait rivaliser avec les beaux atours de la reine...

Le coffret gardait son secret et restait bel et bien fermé. Le roi et la reine commençaient à trouver le temps long…

 

Mais voilà que Marcello, le petit berger, qui arrivait vers l’église du château pour la messe de minuit entendit parler aussi de cette nouvelle étonnante. Dans ses montagnes, l’annonce n’était pas venue jusqu’à lui. Le patron ne riait pas quand un mouton se perdait. Déjà qu’il recevait à peine de quoi aider sa pauvre famille…

Marcello mit donc à son tour la clé dans la serrure. Il ne savait vraiment pas à quoi penser. Il avait tant de soucis, mais il se dit que si le coffret s’ouvrait, il l’offrirait de tout son cœur à ses pauvres parents…

«C’est vrai», murmura-t-il… «Ils sont si bons, je leur apporterais nourriture et vêtements; je ferais soigner ma petite sœur malade; je permettrai à mes frères d’aller à l’école. Et sûrement qu’il resterait encore des pièces d’or pour les plus malheureux du village!»

Comme il pensait à tout cela, le roi et la reine et tous les habitants du village n’en crurent pas leurs yeux. La clé venait de tourner!

Le petit berger en pleura de joie. Maître Merlin quitta alors sa cachette et le félicita d’avoir pensé aux autres plutôt qu’à lui-même.

«Emporte ce coffret», lui dit-il, «et vis heureux maintenant avec tous ceux que tu aimes!» Le bonheur déjà illuminait son visage. Quand il s’agenouilla devant la crèche, ce soir-là, Marcello se sentit envahi par une immense paix et une grande joie. Il entendait Jésus lui murmurer dans le creux de l’oreille: «Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait... Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait»…

Publié dans L'heure du conte

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